Canicules : la résilience des data centers se joue dès la conception
La résilience des data centers face aux fortes chaleurs est redevenue un sujet brûlant. Les épisodes caniculaires successifs qui frappent l'Europe mettent à l'épreuve des infrastructures pourtant devenues la clé de voûte de nos services numériques. Derrière plusieurs incidents récents, une même cause : des systèmes de refroidissement poussés au-delà des hypothèses climatiques retenues lors de leur conception. Décryptage.
Des canicules qui mettent les infrastructures numériques à l'épreuve
Lors des dernières vagues de chaleur, plusieurs établissements notamment hospitaliers ont dû fonctionner en mode dégradé à la suite d'incidents touchant des serveurs en surchauffe. Ces événements rappellent une réalité trop souvent sous-estimée : quand un data center vacille, ce sont des pans entiers d'activité, parfois critiques, qui sont affectés.
Le point commun de ces incidents n'est pas anodin. Il ne s'agit pas de défaillances informatiques isolées, mais de la difficulté d'un système de refroidissement à assurer sa fonction vitale lorsque la température extérieure dépasse ce pour quoi il a été dimensionné.
Le refroidissement, maillon sensible en période de forte chaleur
La très grande majorité des data centers en activité sont refroidis à partir de l'air extérieur, via des groupes froids installés en toiture pour évacuer la chaleur dissipée par les équipements informatiques. Or leur capacité à tenir dépend directement du taux de charge de l'installation.
Un data center rempli à 30 ou 40 % de sa capacité pourra généralement absorber une forte hausse de température sans difficulté majeure. À pleine charge, en revanche, il peut devenir nécessaire de basculer en mode dégradé. Concrètement, l'adaptation se fait en deux temps : on réduit d'abord la puissance des groupes froids pour éviter la surchauffe ce que la plupart des équipements font désormais automatiquement, ce qui fait monter la température des salles dans des limites acceptables ; puis, si cela ne suffit pas, on diminue la puissance des serveurs en suspendant les applications les moins critiques, au moins en journée.
Certaines pratiques d'urgence, comme l'arrosage des groupes froids en toiture, relèvent quant à elles du bricolage. Elles dépannent, mais ne remplacent pas une infrastructure correctement conçue.
La résilience ne dépend pas de l'âge, mais de la conception
C'est le point clé, et il est souvent mal compris : la résilience d'un data center face aux canicules ne tient pas d'abord à son âge, mais à la dimension de son système de refroidissement, décidée lors de la conception selon une hypothèse de température extérieure maximale.
Les data centers récents supportent des températures extérieures de l'ordre de 42 à 45 °C, car les seuils maximaux admissibles ont été progressivement relevés. Les installations conçues il y a dix ou vingt ans, elles, l'ont souvent été pour une maximale de 32 à 35 °C d'où leur vulnérabilité accrue lors des épisodes extrêmes.
Interrogé par L'Usine Nouvelle Christophe Weiss, vice-président du comité de surveillance d'APL Data Center, résume l'enjeu sans détour :
« Pour rendre un data center résilient aux canicules, on surdimensionne le système de refroidissement. Techniquement, ce n'est pas compliqué, mais cela a un coût. »
Un enjeu de dimensionnement… et d'anticipation climatique
Rendre une infrastructure résiliente suppose d'augmenter la surface d'échange thermique, donc d'accepter un investissement supplémentaire. Mais l'enjeu ne se limite pas au dimensionnement : il tient aussi à la qualité des hypothèses climatiques retenues.
Trop souvent, les températures maximales des vingt prochaines années sont estimées à partir des données du passé une approche qui revient à considérer le climat comme stationnaire, alors même qu'il ne l'est plus. Concevoir des infrastructures durables impose désormais d'intégrer des projections climatiques réalistes dès la phase d'études.
Concevoir des data centers résilients : l'approche APL
C'est précisément là qu'intervient une expertise couvrant l'ensemble du cycle de vie du data center. Anticiper la résilience, c'est la penser dès la conception : bon dimensionnement du refroidissement, hypothèses climatiques robustes, simulation des flux thermiques, puis accompagnement en exploitation.
Fondée en 1983, APL Data Center réunit plus de 40 ans d'expérience et 315 experts intervenant de l'audit à l'exploitation, en passant par la conception et la réalisation. Cette maîtrise de bout en bout, associée à notre démarche Organic Design, nous permet de concevoir des infrastructures à la fois performantes, sobres et durablement résilientes face au changement climatique que l'on parte d'un projet neuf ou de la rénovation d'un site existant.
Votre data center est-il prêt à affronter les prochaines canicules ? Nos experts vous accompagnent, de l'audit de résilience à la conception. Échangeons sur votre projet.
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