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Publié le 13 décembre 2022 Dans la rubrique Expert en data centers

RTE s’appuie sur NegaOctet pour mesurer la balance environnementale de ses capteurs réseau connectés

RTE, le gestionnaire du Réseau de transport d'électricité a dorénavant généralisé l’éco-conception dans tous les métiers et projets de l’entreprise, pour concilier transitions numérique et environnementale. RTE a ainsi été l’une des premières entreprises à utiliser NegaOctet, référentiel d'évaluation et de réduction des impacts environnementaux des services numériques, pour mesurer la balance environnementale de capteurs réseau destinés à optimiser le transport et l’utilisation d’électricité. Le point avec Mike Nunes, ingénieur ACV et éco-conception chez RTE, dans un contexte où la recherche de sobriété est plus que jamais d’actualité.

En quoi les services numériques apportent de la valeur ajoutée à RTE ?

RTE gère et entretient le plus grand réseau de transport d’électricité d’Europe. Garant de la continuité de la fourniture d’électricité, nous mettons en œuvre de plus en plus de services numériques pour piloter en temps réel le transport d’électricité, articuler les différents modes de production et de consommation d’électricité (nucléaire, gaz, charbon, fioul, hydraulique, éolien, solaire et bioénergies) et maximiser l’usage du réseau existant.

Pour l’ensemble des solutions numériques que nous déployons, nous nous inscrivons dans une démarche de recherche de sobriété et avons généralisé l’éco-conception afin de limiter leur impact environnemental.

Dans quel contexte avez-vous utilisé le référentiel NegaOctet ?

Notre projet pilote a été mis en place pour le système DLR (Dynamic Line Rating) : grâce à des capteurs installés sur les lignes aériennes électriques, il permet d’augmenter en temps réel les capacités de transport d’électricité des lignes en fonction des conditions météorologiques. Cette innovation est particulièrement pertinente du fait de l’augmentation de la part des sources d’énergies renouvelables intermittentes dans le mix électrique.

Nous souhaitions évaluer si les gains environnementaux de ce dispositif étaient supérieurs à ses impacts environnementaux. Nous avons donc réalisé une analyse de cycle de vie (ACV) pour évaluer ses impacts positifs (ou évités) et ses impacts négatifs. Pour réaliser cette ACV, nous nous sommes notamment appuyés sur la méthodologie et les données spécifiques aux services numériques du référentiel NegaOctet, soutenu par l’ADEME. Il nous paraissait important de nous baser sur des données spécifiques à ce type de services, tenant compte des équipements, du réseau et de l’infrastructure du data center. C’est un des atouts de NegaOctet pour réaliser ce type d’analyse de cycle de vie.

Quels sont les impacts environnementaux positifs du système DLR ?

Nous avons mesuré l’impact environnemental du système DLR sur deux lignes électriques. Sur l’une des lignes (cas n°1), l’ACV a permis de mettre en évidence que le dispositif permettait d’éviter la production annuelle de 2 880 MWh d’électricité en cycle combiné gaz, majoritairement substituée par de l’électricité d’origine nucléaire. Sur la seconde ligne (cas n°2), le système DLR devrait permettre de réinjecter dans le réseau 570 MWh d’électricité d’origine éolienne supplémentaire en un an.

Le système DLR, via les capteurs installés et les traitements numériques réalisés, rend donc un service écologiquement positif. Qu’en est-il de son propre impact environnemental ?

L’utilisation du référentiel NegaOctet nous a permis de mettre en évidence que la majorité des impacts négatifs du système DLR sont liés à la fabrication des équipements du data center et des capteurs, ainsi qu’à leur installation, en se basant sur les émissions de gaz à effet de serre, l’indicateur le plus robuste et connu à ce jour.

Au global, comment NegaOctet vous a-t-il permis de mesurer la balance environnementale du système DLR ?

En comparant les impacts positifs et négatifs sur l’indicateur GES, nous observons un facteur de 1 500 environ entre l’impact négatif du système DLR et l’impact évité pour le cas n°1. Autrement dit, pour chaque kg de CO2eq émis par le dispositif (pour la fabrication des capteurs et des équipements du data center), 1 500 sont évités environ (substitution de 2 880 MWh d’électricité en cycle combiné gaz, par de l’électricité d’origine nucléaire). Pour le cas n°2, le facteur est de 289 (utilisation de 570 MWh d’électricité d’origine éolienne supplémentaire par an).

Néanmoins, le référentiel NegaOctet ne se limite pas au seul indicateur carbone. Par exemple, pour le cas n°2, si l’impact du système DLR sur les émissions de GES et sur l’acidification des sols est clairement favorable, nous avons néanmoins constaté une balance négative sur la consommation de ressources et d’eau.

Grâce à NegaOctet, nous avons été ainsi en mesure de réaliser une balance environnementale exhaustive de ce service numérique et avons pu constater que ses gains environnementaux sont nettement plus importants que ses impacts négatifs.

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